{"id":997,"date":"2015-06-08T15:50:14","date_gmt":"2015-06-08T14:50:14","guid":{"rendered":"http:\/\/latitudsur.org\/developpement\/?page_id=997"},"modified":"2015-06-08T15:50:14","modified_gmt":"2015-06-08T14:50:14","slug":"terra-preta-la-terre-dor","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/latitudsur.org\/dev\/fr\/nos-missions\/textes-de-reflexions\/terra-preta-la-terre-dor\/","title":{"rendered":"Terra Preta : la terre d\u2019or"},"content":{"rendered":"<p><\/p>\n<table class=\"contentpaneopen\">\n<tbody>\n<tr>\n<td valign=\"top\"><strong>Terra Preta : la terre d\u2019or<\/strong><\/p>\n<p><strong>Elle serait la terre la plus fertile du monde. La terra preta, ou terre noire, est un m\u00e9lange complexe de terre, de charbon de bois, de mati\u00e8re organique et de nutriments. Am\u00e9nag\u00e9s par les hommes, ces sols remontent \u00e0 l&#039;\u00e9poque pr\u00e9colombienne. Voici l\u2019histoire d\u2019un peuple d&#039;Amazonie d\u00e9cim\u00e9, qui laissa derri\u00e8re lui un pr\u00e9cieux h\u00e9ritage qui faillit tomber dans l\u2019oubli.<\/strong><\/p>\n<p>Aux origines, il y a une l\u00e9gende. En 1541, Francisco de Orellana descend l&#039;Amazone \u00e0 la recherche d\u2019or. Il raconte dans ses r\u00e9cits de voyages la d\u00e9couverte d\u2019une grande civilisation comparable aux Mayas ou aux Incas et l&#039;existence de contr\u00e9es regorgeant de richesses. Un mythe \u00e9tait n\u00e9, celui de l&#039;Eldorado.<\/p>\n<p>Mais les exp\u00e9ditions suivantes ne trouv\u00e8rent que quelques tribus isol\u00e9es et pas l&#039;or promis. Le mythe s\u2019effondra; la r\u00e9putation d\u2019Orellana avec. Les recherches reprirent s\u00e9rieusement \u00e0 partir de la fin du XIXe si\u00e8cle. Gr\u00e2ce \u00e0 la d\u00e9couverte par l&#039;arch\u00e9ologue Clark Erickson de minuscules tessons de poteries sur les plaines du Mojos en Bolivie, la l\u00e9gende refit surface. Il existait bien une civilisation s\u00e9dentaire, tr\u00e8s \u00e9tendue en Amazonie.<\/p>\n<p><strong>Pas de civilisation sans agriculture<\/strong><\/p>\n<p>Restait \u00e0 expliquer leur mode de vie. Car si une chose demeure \u00e9vidente, c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de vie s\u00e9dentaire sans agriculture. C&rsquo;est alors que l&#039;on mit \u00e0 jour la terra preta.<\/p>\n<p>Bill Woods (arch\u00e9ologue \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de l\u2019Illinois) d\u00e9couvrit des fragments de poteries le long de la rivi\u00e8re Tapajos, dans la for\u00eat amazonienne, m\u00e9lang\u00e9s \u00e0 ce que l&#039;on d\u00e9finira bient\u00f4t comme la terre noire. Les chercheurs d\u00e9couvrirent \u00e9galement la pr\u00e9sence de d\u00e9chets organiques dans les sols : le m\u00e9lange qui donne la terra preta \u00e9tait d\u2019origine humaine.<\/p>\n<p>Orellana disait donc vrai, un peuple vivait sur des milliers de kilom\u00e8tres en Amazonie. Il aura \u00e9t\u00e9 le premier et surement le dernier \u00e0 d\u00e9couvrir une civilisation enti\u00e8re \u00ab <em>victime, comme tant d&#039;autres, de la grippe, de la variole et de la rougeole import\u00e9es par les conquistadors<\/em> \u00bb, explique Fr\u00e9d\u00e9ric L\u00e9wino dans son article <em>Le myst\u00e8re de la terre noire<\/em>. Longtemps ignor\u00e9, leur h\u00e9ritage n\u2019en est pas moins incontournable aujourd\u2019hui. La terra petra cache encore bien des secrets.<\/p>\n<p><strong>Un m\u00e9lange complexe <\/strong><\/p>\n<p>Qu&rsquo;est-elle donc cette \u00ab terre d&#039;or \u00bb ? Selon un article de Hal Arfang, publi\u00e9 sur le site Mediapart, la terra preta, du portugais, est \u00ab  <em>un m\u00e9lange complexe fait de charbon de bois, de tessons de poteries, de cendre riche en phosphore et potassium, de r\u00e9sidus des r\u00e9coltes compost\u00e9s, de mati\u00e8res organiques diverses, ainsi que de fumiers animal et humain<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 ce m\u00e9lange riche et ing\u00e9nieux, une des r\u00e9gions les plus infertiles du monde s\u2019est transform\u00e9e en pays de Cocagne. Selon une \u00e9tude de la FAO (Food and Agriculture Organisation of the United Nations), bien que les sols amazoniens exigent normalement des p\u00e9riodes de jach\u00e8re longues (entre 8 et 10 ans), six mois de repos peuvent suffire avec la terra preta. De plus, selon Hal Arfang,  \u00ab <em>cette terre a des rende<\/em><em>ments sup\u00e9rieurs de 20 \u00e0 50% sans apport d&#039;engrais \u00e0 ceux des terres jaunes. Il a \u00e9t\u00e9 montr\u00e9 qu&rsquo;avec l&#039;ajout d&#039;engrais une terre jaune devenue terra preta permettait un bond productif de 800%. On a m\u00eame prouv\u00e9 que ces sols pouvaient rester productifs pendant 40 ans sans apport ext\u00e9rieur.  \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Plus incroyable encore, la terra petra semble \u00eatre \u00ab contagieuse \u00bb. En effet, Bernard Declercq, dans son article <em>Les sols \u00e9tonnants de l\u2019Amazonie<\/em> parle de \u00ab sols vivants \u00bb. Selon l\u2019article de Fr\u00e9d\u00e9ric L\u00e9wino, \u00ab <em>des Br\u00e9siliens commercialisant cette terre ont expliqu\u00e9 \u00e0 l&#039;arch\u00e9ologue Bill Woods qu&rsquo;il suffisait d&#039;en laisser une couche de 20 centim\u00e8tres en surface pour que, vingt ans plus tard, le sol sous-jacent se trouve par\u00e9 des m\u00eames vertus <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Une r\u00e9ponse \u00e0 la d\u00e9forestation<\/strong><\/p>\n<p>Les dangers de la d\u00e9forestation massive et des cultures sur brulis en Amazonie ne font plus de doute. Ne gagnerait-on pas \u00e0 renouer avec ces techniques ancestrales afin de rendre les terres fertiles ?<\/p>\n<p>Selon Fr\u00e9d\u00e9ric L\u00e9wino, <em>\u00ab la terra preta constitue \u00e9galement un excellent puits de carbone pour lutter contre le r\u00e9chauffement de la plan\u00e8te, puisque le charbon de bois survit durant plusieurs si\u00e8cles dans le sol.  <\/em>\u00bb<\/p>\n<p>L&#039;or promis par Orellana existait donc bien, mais sous une interpr\u00e9tation plus m\u00e9taphorique. Il reste aujourd&#039;hui beaucoup \u00e0 d\u00e9couvrir sur la composition et la mani\u00e8re d&#039;exploiter la terra petra. Elle est cependant d\u00e9j\u00e0 un espoir pour toutes les r\u00e9gions qui souffrent d\u2019une terre pauvre et infertile.<\/p>\n<p>Nastasia Deleville et Florian Kunckler<\/p>\n<div><\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span class=\"article_separator\"> <\/span><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Terra Preta : la terre d\u2019or Elle serait la terre la plus fertile du monde. La terra preta, ou terre noire, est un m\u00e9lange complexe de terre, de charbon de bois, de mati\u00e8re organique et de nutriments. Am\u00e9nag\u00e9s par les<span class=\"ellipsis\">&hellip;<\/span><\/p>\n<div class=\"read-more\"><a href=\"https:\/\/latitudsur.org\/dev\/fr\/nos-missions\/textes-de-reflexions\/terra-preta-la-terre-dor\/\">Lire la suite &#8250;<\/a><\/div>\n<p><!-- end of .read-more --><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":80,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","template":"template-page.php","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-997","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/latitudsur.org\/dev\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/997","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/latitudsur.org\/dev\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/latitudsur.org\/dev\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latitudsur.org\/dev\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latitudsur.org\/dev\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=997"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/latitudsur.org\/dev\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/997\/revisions"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latitudsur.org\/dev\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/80"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/latitudsur.org\/dev\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=997"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}