{"id":1001,"date":"2015-06-08T15:54:18","date_gmt":"2015-06-08T14:54:18","guid":{"rendered":"http:\/\/latitudsur.org\/developpement\/?page_id=1001"},"modified":"2015-06-08T15:54:18","modified_gmt":"2015-06-08T14:54:18","slug":"texte-relations-deforestation-peuples-indigenes","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/latitudsur.org\/dev\/nos-missions\/textes-de-reflexions\/texte-relations-deforestation-peuples-indigenes\/","title":{"rendered":"Texte &#8211; Relations D\u00e9forestation-Peuples Indig\u00e8nes"},"content":{"rendered":"<p><\/p>\n<table class=\"contentpaneopen\">\n<tbody>\n<tr>\n<td valign=\"top\">Texte &#8211; Relations D\u00e9forestation-Peuples Indig\u00e8nes<\/p>\n<p><strong>Un tr\u00e8s bel article pr\u00e9parant la visite d&#039;une repr\u00e9sentante du peuple Ashaninka et une belle synth\u00e8se de la probl\u00e9matique des relations D\u00e9forestation &#8211; Peuples Indig\u00e8nes<\/strong><\/p>\n<p><strong> <b>D\u00e9p\u00eache AFP : Amazonie P\u00e9ruvienne: 10.000 Ashaninka menac\u00e9s par la construction programm\u00e9e d\u2019un barrage hydro\u00e9lectrique g\u00e9ant \u00e0 Pakitzapango, sur le fleuve Ene. Plus de 100.000 hectares de for\u00eat primaire seraient noy\u00e9s, provoquant l\u2019\u00e9mission d\u2019environ 900 mille tonnes de gaz \u00e0 effet de serre<\/b>. <b>Les Ashaninka du Rio Ene, en lutte pour leur survie culturelle, proposent une alternative et con\u00e7oivent leur propre projet de pr\u00e9servation de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me forestier, qu\u2019ils souhaitent placer sous l\u2019\u00e9gide du programme Man and Biosph\u00e8re (MAB) de l\u2019Unesco et faire valider par le secr\u00e9tariat de la Convention Cadre des Nations Unies Contre le d\u00e9r\u00e8glement Climatique.<\/b><\/strong><\/p>\n<p><strong><b><\/b>Une Ashaninka \u00e0 Science-Po<\/strong><\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.youtube.com\/watch?v=jw3d6OehX-E\" target=\"_parent\">Ruth Buendia Metoquiari<\/a>, porte-parole des 10.000 am\u00e9rindiens Ashaninka du Rio Ene (Amazonie p\u00e9ruvienne), a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9e pour mai 2013 \u00e0 s\u2019exprimer \u00e0 l\u2019Institut d\u2019Etudes Politiques de Paris lors d\u2019une conf\u00e9rence con\u00e7ue pour penser la pr\u00e9servation foresti\u00e8re sur la base de propositions autochtones. <\/strong><\/p>\n<p>Voil\u00e0 plus de trente ans que la communaut\u00e9 internationale pr\u00e9tend lutter contre la d\u00e9forestation qui ronge les poumons de notre plan\u00e8te et menace de disparition rapide ce qu\u2019il reste encore de ses trois bassins forestiers tropicaux (Amazonie, bassin du Congo, Indon\u00e9sie). Voil\u00e0 plus de trente ans que l\u2019objectif affich\u00e9 n\u2019est pas la d\u00e9forestation z\u00e9ro mais la r\u00e9duction du &#8220;taux&#8221; de d\u00e9forestation. Voil\u00e0 plus de trente ans que les discours officiels stigmatisent la &#8220;d\u00e9forestation ill\u00e9gale&#8221;, g\u00e9n\u00e9ralement artisanale, sans dire un mot de la d\u00e9forestation l\u00e9gale, pratiqu\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chelle industrielle par des entreprises qui agissent en accord avec les autorit\u00e9s. D\u00e9forestation l\u00e9gale donc, discr\u00e8tement planifi\u00e9e par les \u00e9tats forestiers eux-m\u00eames, leur strat\u00e9gie de croissance \u00e9conomique \u00e9tant clairement index\u00e9e sur une dynamique de d\u00e9forestation : routes, barrages hydro\u00e9lectriques, agro-business, extraction mini\u00e8re, p\u00e9troli\u00e8re et gazi\u00e8re. Voil\u00e0 plus de trente ans que la communaut\u00e9 internationale encadre et encourage hypocritement ce saccage, n\u00e9cessaire pour fournir en mati\u00e8res premi\u00e8res le mode de vie consum\u00e9riste qui sert d\u2019horizon \u00e0 la mondialisation.<\/p>\n<p>Pendant ce temps la communaut\u00e9 scientifique a \u00e9tablit le lien entre d\u00e9forestation et d\u00e9r\u00e8glement climatique : de 15% \u00e0 20% des \u00e9missions mondiales de gaz \u00e0 effets de serre proviennent directement de la d\u00e9forestation. Bas\u00e9 sur ce constat, le programme REDD+ (n\u00e9 du protocole de Kyoto) devait permettre de compenser le manque \u00e0 gagner des \u00e9tats forestiers qui s\u2019engageraient enfin dans la pr\u00e9servation r\u00e9elle de leurs massifs forestiers. Bien que cela soit extr\u00eamement r\u00e9ducteur, les derni\u00e8res grandes for\u00eats primaires sont en effet consid\u00e9r\u00e9es comme des &#8220;puits de carbone&#8221;. Le programme REDD+ devait \u00e9tablir, sur la base du march\u00e9 du carbone, un syst\u00e8me de valorisation financi\u00e8re qui aurait permis aux \u00e9tats forestiers de percevoir de l\u2019argent sur chaque hectare prot\u00e9g\u00e9 plut\u00f4t que d\u00e9truit. Pourquoi pas?<\/p>\n<p>Cette logique (REDD+) avait pour principal m\u00e9rite un pragmatisme irr\u00e9futable : dans un monde dont la seule valeur semble \u00eatre devenue l\u2019argent, donner un prix \u00e0 la for\u00eat serait en effet un moyen efficace de la faire respecter rapidement. Associer un rendement financier aux for\u00eats prot\u00e9g\u00e9es (primaires notamment) \u00e9tait dans l\u2019esprit des concepteurs de REDD+ le moyen d\u2019inciter les \u00e9tats forestiers \u00e0 changer leur strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement \u00e9conomique : passer d\u2019une \u00e9conomie de la destruction \u00e0 une \u00e9conomie de la pr\u00e9servation. En combinant le programme REDD+ avec les dispositifs attendus du protocole de Nagoya, les \u00e9tats forestiers auraient pu s\u2019installer, en pr\u00e9servant r\u00e9ellement leur patrimoine \u00e9cologique, dans une \u00e9conomie de rente foresti\u00e8re. Mais le march\u00e9 du carbone est aujourd\u2019hui d\u00e9prim\u00e9, les implications financi\u00e8res des protocoles de Kyoto et Nagoya sont loin d\u2019\u00eatre effectives, et surtout les prix des mati\u00e8res premi\u00e8res s\u2019envolent! Or c\u2019est justement sur les cours de ces mati\u00e8res qu\u2019est index\u00e9, dans les faits, le &#8220;taux de d\u00e9forestation&#8221;. Et cette hausse est d\u00e9sormais structurelle puisque ces ressources sont en voie d\u2019\u00e9puisement alors m\u00eame que les habitants des pays \u00e9mergents acc\u00e8dent massivement \u00e0 la sph\u00e8re du consum\u00e9risme.<\/p>\n<p><strong>Vers une strat\u00e9gie indig\u00e8ne?<\/strong><\/p>\n<p>En les superposant, on constate une co\u00efncidence frappante entre la cartographie des ressources naturelles exploitables et celle des territoires indig\u00e8nes (d\u00e9marqu\u00e9s ou non). Les ultimes ressources de notre plan\u00e8te se trouvent donc dans les zones o\u00f9 des peuples indig\u00e8nes luttent pour leur survie culturelle. N\u2019est-ce pas pr\u00e9cis\u00e9ment ce constat qui devrait maintenant inspirer nos strat\u00e9gies de pr\u00e9servation foresti\u00e8re et, localement, les mod\u00e8les de &#8220;d\u00e9veloppement alternatif&#8221; \u00e0 inventer?<\/p>\n<p>Cela suppose de d\u00e9coloniser notre imaginaire pour faire alliance avec ces peuples dits autochtones auxquels l\u2019ONU a juridiquement donn\u00e9 un droit de veto (convention 169 de l\u2019OIT) notamment sur tout projet industriel mena\u00e7ant l\u2019int\u00e9grit\u00e9 culturelle et \u00e9cologique de leurs territoires. Aujourd\u2019hui ce droit est quotidiennement bafou\u00e9 car le &#8220;consentement libre et \u00e9clair\u00e9&#8221; des communaut\u00e9s est tr\u00e8s rarement sollicit\u00e9, quand il ne leur est pas extorqu\u00e9 par des proc\u00e9d\u00e9s iniques.<\/p>\n<p>En Amazonie, le monde indig\u00e8ne est maintenant structur\u00e9 en organisations locales, r\u00e9gionales et nationales, regroup\u00e9es au sein de la COICA (Coordination des Organisations Indig\u00e8nes de tout le bassin amazonien). Ces organisations sont aujourd\u2019hui des interlocuteurs l\u00e9gitimes pour envisager la pr\u00e9servation r\u00e9elle de l\u2019Amazonie. Or cette pr\u00e9servation n\u00e9cessite un coup d\u2019arr\u00eat aux grands travaux d\u2019infrastructure auxquels les \u00e9tats concern\u00e9s ne renonceront que sous une pression citoyenne d\u00e9cupl\u00e9e. Et depuis le succ\u00e8s plan\u00e9taire du film Avatar les citoyens du monde ont parfaitement compris le sc\u00e9nario dans lequel nous sommes embarqu\u00e9s.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui ce sont des centaines de peuples indig\u00e8nes forestiers qui r\u00e9sistent, difficilement mais concr\u00e8tement, \u00e0 l\u2019avanc\u00e9e industrielle sur leurs territoires ancestraux. Pour \u00eatre audibles, leur strat\u00e9gie consiste g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 se positionner en &#8220;d\u00e9fenseurs&#8221; de la Nature. Ils con\u00e7oivent donc leurs propres projets de pr\u00e9servation foresti\u00e8re, mais manquent g\u00e9n\u00e9ralement des savoir-faire  techniques et administratifs pour structurer et faire reconna\u00eetre l\u00e9galement leur d\u00e9marche. En les soutenant et en les appuyant sur ce plan, ce sont des millions d\u2019hectares de for\u00eat primaire que nous pourrions \u00e9pargner, pr\u00e9servant ainsi non seulement la faune et la flore mais aussi les langues, les rires, les rites et les m\u00e9decines de soci\u00e9t\u00e9s vivant encore en forte interd\u00e9pendance avec cette for\u00eat qui, d\u00e9cid\u00e9ment, n\u2019est jamais vierge!<\/p>\n<p>Tout en respectant scrupuleusement la souverainet\u00e9 des pays concern\u00e9s, le moment est venu pour la soci\u00e9t\u00e9 civile de conclure des accords de coop\u00e9ration, au cas par cas, avec les peuples autochtones qui revendiquent la pr\u00e9servation et la gestion \u00e9cologique de leurs territoires comme principe de d\u00e9veloppement alternatif. Les am\u00e9rindiens d\u2019Amazonie y sont pr\u00eats, ils nous attendent, ils sollicitent notre soutien, politique, technique, scientifique, juridique. Voil\u00e0, en mati\u00e8re de pr\u00e9servation des derni\u00e8res for\u00eats tropicales humides, l\u2019avenir imm\u00e9diat de l\u2019\u00e9cologie politique! Car le respect des droits des peuples dits autochtones est aujourd\u2019hui l\u2019une des principales conditions de la justice environnementale \u00e0 laquelle nous aspirons.<\/p>\n<p>C\u2019est pour d\u00e9battre de ce nouveau type de coop\u00e9ration et dialoguer avec la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise que Ruth Buendia Mestoquiari, porte parole des dix mille Ashaninka du rio Ene sera \u00e0 Paris au mois de mai. Ces am\u00e9rindiens, en lutte pour leur survie culturelle, d\u00e9fendent leur territoire forestier contre la construction programm\u00e9e d\u2019un barrage hydro\u00e9lectrique g\u00e9ant et con\u00e7oivent leur propre projet de pr\u00e9servation foresti\u00e8re. La venue de leur repr\u00e9sentante en Europe est l\u2019occasion de concr\u00e9tiser avec eux une alliance plus que jamais n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p><em>Association \u00e9tudiante Science-Po Environnement<\/em><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span class=\"article_separator\"> <\/span><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte &#8211; Relations D\u00e9forestation-Peuples Indig\u00e8nes Un tr\u00e8s bel article pr\u00e9parant la visite d&#039;une repr\u00e9sentante du peuple Ashaninka et une belle synth\u00e8se de la probl\u00e9matique des relations D\u00e9forestation &#8211; Peuples Indig\u00e8nes D\u00e9p\u00eache AFP : Amazonie P\u00e9ruvienne: 10.000 Ashaninka menac\u00e9s par la<span class=\"ellipsis\">&hellip;<\/span><\/p>\n<div class=\"read-more\"><a href=\"https:\/\/latitudsur.org\/dev\/nos-missions\/textes-de-reflexions\/texte-relations-deforestation-peuples-indigenes\/\">Read more &#8250;<\/a><\/div>\n<p><!-- end of .read-more --><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":80,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","template":"template-page.php","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-1001","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/latitudsur.org\/dev\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1001","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/latitudsur.org\/dev\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/latitudsur.org\/dev\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latitudsur.org\/dev\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latitudsur.org\/dev\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1001"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/latitudsur.org\/dev\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1001\/revisions"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latitudsur.org\/dev\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/80"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/latitudsur.org\/dev\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1001"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}