Texte – Amazonie : le « vivier » de la Terre menacé

Texte – Amazonie : le « vivier » de la Terre menacé

Les chiffres se succèdent, mais ne se ressemblent pas. Les évaluations de la disparition du vivant divergent, la communauté scientifique peine à s’accorder. Deux choses semblent néanmoins certaines. En termes de biodiversité, la forêt amazonienne fait figure de référence du genre. Mais ce réservoir du vivant n’en est pas moins menacé.

Déforestation, biopiraterie, mauvaise gestion des ressources… Autant de maux qui continuent à peser sur la biodiversité mondiale et qui engendrent les estimations les plus affolantes. En dehors des querelles de chiffres, certaines certitudes apparaissent. Quelque soit la source consultée, le mode d’inventaire utilisé ou le travail de recherche observé, avec ses 7 millions de km2 dont 5.5 sont recouverts d’écosystèmes tropicaux, l’Amazonie est le plus grand réservoir de biodiversité de la biosphère.

Selon une étude de 2007, le bassin regroupe à lui seul, 2 % des arachnides mondiaux, 3 % des myriapodes, 28 % des ricinules, 9 % des schizomides et des scolopendromorphes, 7 % des pauropodes… Une réalité difficile à se représenter ? La vérité semble pourtant à ce prix : à trop vulgariser on s’en éloigne dangereusement. Une étude de 2005 semble elle plus explicite. La région abrite environ 2,5 millions d'espèces d'insectes et actuellement, au moins 40 000 espèces de plantes, 3 000 poissons, 1 294 oiseaux, 530 mammifères (10% de la population mondiale), 800 amphibiens (13 % de la population mondiale) et 680 reptiles ont été scientifiquement classés dans la région. Les scientifiques ont décrit entre 96 660 et 128 843 espèces d'invertébrés uniquement au Brésil.

Mais il est des cas où l’anecdotique résume à lui seul de grands paradigmes : on aurait découvert sur un seul arbre en Amazonie, 95 espèces différentes de fourmis ; alors que sur tout le territoire allemand, par exemple, on ne retrouve que 105 espèces différentes.

Quid de la flore ? La diversité d'espèces de plantes est là encore la plus importante sur Terre. Certains experts estiment qu’un kilomètre carré pourrait contenir plus de 75 000 types d'arbres et 150 000 espèces de plantes supérieures. Un kilomètre carré de forêt amazonienne peut contenir 90 790 tonnes de plantes vivantes. Ces chiffres peuvent donner le vertige mais cachent une autre réalité. L’abondance de vie dans le bassin n’est pas inépuisable. Les activités humaines ne peuvent s’en désintéresser. Ainsi, la déforestation, en arrachant le milieu naturel à la faune et en détruisant purement et simplement la flore, est un des principaux ennemis de la biodiversité. La biopiraterie, en ce qu’elle pille la forêt et prive de ses ressources les populations autochtones, est à loger à la même enseigne. L’exploitation abusive des ressources forestières, quelque soit l’issue de ses fruits, mérite que l’on entame un travail de sensibilisation auprès des communautés concernées (on estime aujourd’hui qu’au moins 430 000 espèces de plantes présentes dans ces régions ont un intérêt économique ou social. Et il en reste encore tant à découvrir…). La liste des nuisances n’est pas exhaustive…

Conséquences ? Un rapport du gouvernement brésilien de 2008 est alarmant. « Notre faune est tellement menacée que les chiffres ont triplé (depuis le dernier recensement début des années 90, ndlr) », assume le ministre brésilien de l’environnement Carlos Minc, tout en présentant le Livre Rouge de la faune brésilienne menacée de disparition, un document officiel qui détaille les espèces désormais menacées sur le territoire du principale hôte de la biodiversité amazonienne.

Au total ce serait plus de 627 espèces animales menacées de disparition actuellement. En 1990, 218 espèces étaient en danger. 79 sont sorties des listes… 418 s’y sont ajoutés ! Autant dire que la bataille pour le vivant est loin d’être gagnée au Brésil… Ni dans le reste du continent sud-américain.

L’Equateur avec son triste record de déforestation est loin de redorer le blason du continent. Le Pérou n’est pas beaucoup mieux placé. En luttant contre la déforestation et en donnant les moyens aux populations autochtones de gérer durablement les ressources forestières (sensibilisation et légalisation de territoires), Latitud Sur s’engage dans ce combat pour la biodiversité.

Pour que l’Amazonie reste le berceau de la Terre.

 

Florian Kunckler – Octobre 2011

 

Visit Us On FacebookVisit Us On Twitter